Cinéma(s) du Liban (19 octobre-20 novembre)

> Grilles Horaires
> Dossier de presse Cinéma(s) du Liban

Aflam présente du 19 octobre au 20 novembre 2010 à Marseille un panorama du cinéma libanais contemporain. Ce cinéma a trouvé tard son identité et les premiers films tournés au Liban sont souvent signés par des réalisateurs étrangers. C’est le cas de Youssef Chahine dont nous montrons Le vendeur de bagues (1965), adaptation de l’une des nombreuses comédies musicales des Frères Rahbani, interprétée par la grande Fairouz.

Le cinéma d’auteur libanais apparaît vers la fin des années 70, avec notamment Maroun Baghdadi, dont nous présentons deux films rares, Beyrouth ô Beyrouth (1975) et Petites guerres (1982). Avec la guerre civile, le Liban perd très vite sa réputation de « Suisse du Moyen-Orient ». Le cinéma s’en fait l’écho et oublie cette insouciance libanaise. Jusqu’à aujourd’hui encore, il reste marqué par la permanence des nombreux conflits armés qui touchent le pays, de la crise palestinienne à la guerre civile jusqu’aux crises régionales sur fond de conflit israélo-arabe.

Fait remarquable, les femmes cinéastes sont très nombreuses au Liban. Elles ont réalisé près de la moitié des films que nous proposons, et Jocelyne Saab, réalisatrice pionnière, présente sur tous les fronts de la guerre et de la création depuis plus de 30 ans, sera notre invitée.

À partir des années 90 les cinéastes reviennent sans cesse sur l’histoire et la mémoire des clivages et fractures d’une société traversée par la violence et l’instabilité, soulignant l’absence d’une reconciliation nationale. Parmi, ces films, ceux de trois réalisateurs invités : Beyrouth Fantôme (1998) de Ghassan Salhab qui ouvrira notre cycle et plus récemment The one man village (2008) de Simon El Habre, ou Chou sar ? (2010) de De Gaulle Aid.

Cinéma fragile, sans aucune aide nationale à la production, le cinéma libanais s’est développé en s’appuyant sur des coproductions et surtout à la faveur d’initiatives privées (festivals, écoles) qui cristallisent les énergies. L’été 2006 marque un tournant : avec le retour brutal de la guerre (et devant l’ampleur des pertes humaines et des destructions), l’image et le cinéma s’imposent incontestablement comme des moyens d’expression artistiques privilégiés. Longs et courts-métrages, fictions et documentaires, films d’animation et vidéo art, de nouveaux réalisateurs innovent, explorant toutes les formes cinématographiques pour témoigner.

Plusieurs lieux sont partenaires d’Aflam pour découvrir cette programmation. À Marseille : l’Alcazar, la Cité de la Musique, La compagnie et bien sûr le cinéma Les Variétés, mais également à Forcalquier, La Garde, La Valette du Var et Salon-de-Provence. Des films libanais seront aussi montrés durant l’Aid dans la Cité et le CRDP accueillera des projections scolaires.