MIGRATIONS et EXILS

Comment les cinémas arabes ont-ils abordé l’émigration, son histoire, ses conséquences, et l’exil qui, au-delà du fait qu’il décrit, est l’expression de sentiments propres à ceux qui le subissent ?

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Les raisons sont multiples dans notre histoire qui ont poussé les hommes à se déplacer et les migrations ont façonné les peuples et les nations. Ainsi l’Europe et les pays riverains de la Méditerranée gardent-ils dans leurs cultures de nombreuses traces et vestiges de ces échanges incessants depuis des siècles. Aujourd’hui, la mondialisation n’a pas mis fin à ces mouvements. Mais, les pays du Nord tendant à fermer leurs frontières, l’émigration est devenue de plus en plus difficile.

Comment les cinémas arabes ont-ils abordé l’émigration, son histoire, ses conséquences, et l’exil qui, au-delà du fait qu’il décrit, est l’expression de sentiments propres à ceux qui le subissent ?

Après les Indépendances, des cinéastes arabes, et aussi européens, s’intéressent aux conditions de vie difficiles des travailleurs émigrés, souvent rejoints par leurs familles. Plus tard, dans les années 1980, les films des fils et filles d’émigrés vont évoquer davantage leurs difficultés à trouver leur place dans le pays d’accueil, et le sentiment d’être pris entre deux cultures. Un point de vue qui va encore évoluer à travers l’expérience d’une nouvelle génération de réalisateurs, comme on le verra dans quelques films parmi les plus récents.

Les films produits dans le contexte des migrations récentes entre le Maghreb et l’Europe ne disent néanmoins pas tout. Car le phénomène a de multiples facettes : émigrations plus anciennes, du Proche-Orient vers l’Amérique latine, errance des Palestiniens dans le monde arabe depuis soixante ans, cultures cosmopolites dans certains pays comme l’Egypte, conflits et guerres civiles, nouvelles formes d’esclavage… Une diversité de sujets et aussi d’expressions cinématographiques dont nous avons tenu compte dans notre sélection.

Enfin, Aflam a souhaité associer d’autres structures intéressées par cette thématique. La Cité nationale de l’histoire de l’immigration à Paris parraine Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou. La Cinémathèque de Toulouse, qui a engagé un travail sur la représentation de l’immigration en France dans le cinéma à partir de ses collections, nous propose Pierre et Djemila de Gérard Blain et Aventure en France de Jean-Paul Ngassa.